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Témoignage

Christian Delon, technicien en mesures physiques

Décrocher un statut cadre, c'est le premier objectif que se fixe Christian Delon en entamant une formation d'ingénieur. " Au bout de seize ans d'expérience en tant qu'agent de maîtrise chez EDF, ma carrière plafonnait. Sans le titre d'ingénieur, il m'était difficile d'accéder à un poste d'encadrement ", explique-t-il. A 37 ans, ce technicien en mesures physiques, spécialisé dans le contrôle des centrales nucléaires, a soif d'évoluer. " L'informatique m'intéressait, surtout les systèmes d'information. " Christian décide donc de suivre une formation d'ingénieur en électronique et informatique industrielle à l'ENSEA (Ecole nationale supérieure de l'électronique et de ses applications). Il obtient l'accord de son employeur pour un congé individuel de formation et monte son dossier de prise en charge financière auprès de l'Agecif (le Fongecif des industries électriques et gazières). " Comme c'était ma première demande de formation, je pense que j'étais prioritaire car j'ai eu leur accord du premier coup. " L'organisme finance, lui, 75 % des 18 293 euros des frais de scolarité, le reliquat restant à sa charge. Son salaire est maintenu dans son intégralité. A l'automne 2000, Christian est reçu à l'examen d'entrée de la formation d'ingénieur de l'ENSEA. Trois ans d'études, alternant chaque semaine deux jours en entreprise et deux jours et demi de cours, dont le rythme est sportif : " Ça a été un peu difficile en informatique, mais je m'en suis sorti. " Diplômé en juin dernier, Christian a décroché en octobre un poste d'ingénieur des techniques de l'informatique chez EDF. Sa première mission ? Mettre en place un logiciel ERP pour EDF et GDF. Un projet d'envergure.

Silas Bakary Gando, responsable informatique

" J'étais surqualifié pour un poste de technicien, mais pas assez diplômé pour une fonction d'ingénieur. " C'est le constat que Silas Bakary Gando dresse de ses entretiens de recrutement. En 2000, ce responsable informatique traverse une période de chômage. Malgré quinze ans de carrière dans des SSII, il sent que son niveau bac+2 en informatique industrielle le freine pour décrocher un poste à la hauteur de ses compétences. Pour remédier à ce problème, Silas décide de suivre une formation d'ingénieur : " C'était un projet que j'avais depuis longtemps en tête. Comme j'étais au chômage, c'était le moment où jamais de me lancer. " Après plusieurs entretiens avec des conseillers de l'ANPE, qui valident son besoin en formation, Silas s'inscrit au cycle d'ingénieur de l'ESIEE (Ecole supérieure en électronique et électrotechnique). Accessible en formation continue, ce cursus prévoit un semestre de remise à niveau suivi de deux années d'études. Après six mois de formation autofinancée, il opte pour le PARE en juillet 2001 et monte un dossier destiné aux Assedic pour obtenir la prise en charge du coût de sa scolarité, d'un montant de 5 945 euros. A force de persuasion, il finira par décrocher le financement complet de ses deux dernières années. Côté études, même si Silas avoue que " c'était très dur, car les cours sont à temps plein et la charge de travail personnel est importante ", ce quadra motivé cartonne. En juillet 2003, il décroche son titre d'ingénieur de l'ESIEE... major de sa promotion ! Aujourd'hui, Silas aborde ses recherches d'emploi plus confiant. Car les premiers échos sont positifs : " Le discours des recruteurs a changé. Aujourd'hui, ils ne doutent plus de mes capacités à occuper un poste de chef de projet informatique. "

Frédéric Caylar, responsable de l'informatique et de l'administration des réseaux

Le jour, Frédéric Caylar est responsable de l'informatique et de l'administration des réseaux au centre hospitalier de Fourmies, dans le Nord (59). Le soir, il travaille chez lui les cours de sa maîtrise en MIAGE (méthodes informatiques appliquées à la gestion)? connecté à Internet. Une formule adaptée aux attentes de ce jeune technicien en informatique, qui désirait reprendre ses études après neuf ans d'activité professionnelle.
" Seul à mon poste, il me semblait difficile de partir en congé de formation. Et, comme les universités qui dispensent cette filière sont éloignées de mon lieu de travail, me former en ligne était la solution. " Après avoir obtenu la prise en charge financière de sa maîtrise (1 250 euros) dans le cadre du plan de formation de l'hôpital, Frédéric s'inscrit à l'université de Picardie. En mars dernier, il accède via Internet aux seize modules composant sa maîtrise. " Au début, c'est déroutant, admet-il, car rien n'indique par où commencer les cours. Mais j'apprécie de me former à mon rythme. " Chaque soir, Frédéric consacre deux heures à ses cours et aux exercices qu'il envoie par mail aux enseignants. Les forums et les chats entre étudiants et professeurs lui fournissent le soutien nécessaire pour progresser. En attendant de passer à la fac son premier examen semestriel, il pense à l'avenir. " Je me donne deux ans pour obtenir ma maîtrise. Ce sera une plus-value dans mon CV, qui me permettra notamment de pouvoir gérer le budget informatique de l'hôpital. "

Olivier Guckert, ingénieur en informatique

" Au début, c'était un pari ", explique Olivier Guckert. Et puis, j'ai vu que j'avais de bonnes notes, alors j'ai continué. " Ce Lorrain de 36 ans, titulaire d'un BTS de gestion agricole, vient de décrocher un titre d'ingénieur en informatique après quatre ans d'études suivies en cours du soir au CNAM (Conservatoire national des arts et métiers) de Nancy. " Au bout de huit ans d'expérience en prestation comptable dans un centre d'économie rurale, j'ai eu envie de voir autre chose. Familier de l'utilisation des logiciels, je m'intéressais à la place de l'informatique dans l'organisation du travail d'une entreprise. J'ai souhaité reprendre des études pour approfondir cette approche. " Olivier Guckert décide de décrocher un titre d'ingénieur au CNAM. Particularité de ce diplôme, il s'obtient en deux temps : il se compose des valeurs du DEST, qui doivent être complétées par

. Déterminé, Olivier Guckert suit ses cours le soir et obtient en trois ans les neuf unités de valeur de son DEST en informatique au CNAM, " l'équivalent d'un bac+4 accessible avec mon BTS et mon niveau en informatique ". Pour décrocher le titre d'ingénieur, Olivier doit ensuite pouvoir justifier d'un an d'expérience dans l'informatique. A l'automne 2001, il décroche un CDD d'ingénieur associé en informatique à l'INRIA (Institut national de recherche en informatique et en automatique) d'une durée de deux ans et démissionne de son centre de gestion. " J'ai proposé au bout d'un an à l'INRIA d'utiliser le projet sur lequel je travaillais pour le sujet de mémoire que je devais préparer pour cette formation. " Après cent heures de cours et la soutenance de son mémoire en janvier dernier, Olivier est désormais officiellement ingénieur en informatique. Une jolie prouesse professionnelle.

Frédéric Peyriguet, responsable support informatique

Depuis avril 1999 et son entrée chez Sogeti, Frédéric Peyriguet a suivi quatre stages financés par son entreprise. Se former lui est nécessaire à la fois pour progresser et pour se remettre à jour sur le plan technologique. Recruté comme technicien, Frédéric Peyriguet, 32 ans, est, un peu plus de quatre ans plus tard, manager de cinq salariés dans le service d'informatique interne de la société. Titulaire d'un bac et d'un BTS communication et action publicitaires (aujourd'hui disparu), le jeune homme n'a pourtant pas débuté sa vie professionnelle dans l'informatique. " Pendant mon BTS, j'ai travaillé dans une agence de voyages, puis je suis parti à l'armée. A mon retour, j'ai tenté la filière commerciale, mais cela ne m'a pas convenu. Enfin, j'ai occupé un poste de "support téléphonique" dans une société d'assistance. " La création de la cellule informatique de l'entreprise lui fournit l'occasion de nouer des contacts profitables. " Je me suis tout de suite branché sur ce projet. Je ne faisais pas de hot line, mais j'ai beaucoup appris avec les hot liners qui travaillaient sur cette mise en place. Je suis ensuite entré chez Cap Gemini, qui m'a permis de poursuivre dans l'informatique. J'ai continué à apprendre sur le terrain, mais avec une envie de progresser dont j'ai fait part à mon directeur d'agence. Je sentais que mes compétences plafonnaient un peu, que j'avais besoin d'aide par la formation. " Le poste de Frédéric avait déjà évolué et pris de l'ampleur : " Mon poste de technicien de départ s'est "déplacé" vers l'administration de serveur, d'achat de matériel? J'ai suivi une première formation Microsoft MP4 début 2000. " Tout va très vite : à la fin de la même année, l'entreprise change d'environnement : " On est passé de Windows 95 à Windows 2000, et j'ai suivi une formation de quatre semaines en alternance : une semaine dans ma société avec mise en pratique, une semaine en formation. Dès mon retour, on a commencé à faire migrer un certain nombre de postes de travail sur Windows 2000. Je continue aujourd'hui à mettre en pratique les connaissances que j'ai alors acquises. " Au passage, il change de statut pour devenir analyste technique. En 2001, Frédéric Peyriguet participe, sur incitation de l'entreprise, à une formation de sept jours sur le management de projet, dans l'éventualité d'une évolution professionnelle vers ce type de poste. Après une mise à niveau en anglais d'une durée de quarante heures en 2002, il compte, cette année, demander à son entreprise un stage de management. " Je n'ai pas de référentiel dans ce domaine, je ne peux me fonder que sur ce que j'ai vécu. "



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